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cycle 2018-2019

De l'espace à l'habitat,

ou comment être présent au monde ?

 

maison

« Je n'habite plus nulle part. 
         Habiter signifie se fondre charnellement dans la topographie d'un lieu, 
         l'anfractuosité de l'environnement. Ici, rien de tout ça. 
         Je ne fais que passer. Je loge. Je crèche. Je squatte. »
 Petit Pays - Gaël Faye

L'habitat répond aux besoins primaires du corps, protège du regard, conforte notre identité personnelle et sociale.
C'est un lieu qui contient, limite, ressource. Ne dit-on pas : « trouver refuge », « faire son nid », « se sentir chez soi » ? Cette dimension de l'espace vécu est complexe et s'élabore tout au long de la vie, du paradis perdu du ventre maternel, en passant par la terre promise des projets à bâtir, jusqu'à la dernière demeure.

L'habitat, c'est d'abord la maison qui évoque le familial, le lieu de l'enracinement, de la mémoire de l'origine, de la continuité historique. Du nourrisson lové dans les bras de ses parents à l'adolescent qui affiche « défense d'entrer » sur la porte de sa chambre, la variation de l'investissement des différents espaces laisse appara ître en filigrane la construction de l'espace psychique du sujet en devenir, le processus d'individuation en cours.

Que vient dire l'occupation des espaces de la place de chacun, des liens entre les membres de la famille ? Comment l'appropriation de cet espace évolue socialement, à l'époque des familles recomposées et des gardes alternées ?
Comment garantir que le cocon protecteur ne devienne pas le lieu de l'enfermement, de la mise à l'écart ? Comment néanmoins se sentir chez soi ailleurs ? Que nous faut-il intérioriser pour investir d'autres lieux ?

En amont de ces questionnements, quel est pour le sujet le premier lieu à habiter : un corps, un nom, une langue, une identité, une communauté ? Cette question peut-elle se résoudre dans l'articulation entre l'espace interne et l'espace externe ? Entre intériorisation et projection, que se passe-t-il chez ceux qui se trouvent en mal d'habiter ? Quelles sont alors les conditions psychiques qui permettent de s'établir ?

Habiter, c'est être présent au monde de ceux que nous côtoyons et créer des espaces où vivre ensemble. Comment cette problématique est-elle à l'oeuvre dans chaque rencontre clinique ? Comment penser les lieux de soins dans leur architecture pour mettre au travail l'ensemble de ces questions ?