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cycle 2025-2026
en visio-conférence
mercredi 4 mars 2026 à 20h30
Manon GARCIA
Professeure de philosophie morale et politique à l’université Goethe de Francfort.
CONVERSATION DES SEXES, PHILOSOPHIE DU CONSENTEMENT.
Discutant : Bérengère MAILLAND, psychologue
Au Au cours des deux dernières décennies, le consentement est devenu le cadre conceptuel dominant dans les débats publics, juridiques et philosophiques sur la violence sexuelle. Dans de nombreux contextes, ce changement a été salutaire. Il a contribué à définir l'autonomie sexuelle comme un droit dont les femmes peuvent jouir autant que les hommes, et il a fourni un vocabulaire public pour lutter contre le conservatisme moral qui ne considère comme acceptables que certaines relations sexuelles (les relations hétérosexuelles monogames).
Cependant, l'essor du discours sur le consentement a également suscité de vives critiques. Les théoriciennes féministes, les spécialistes en sciences sociales et les juristes ont fait valoir que le discours sur le consentement peut donner une image erronée des préjudices sexuels, déformer les conditions sociales dans lesquelles les choix sexuels sont faits et, dans la pratique, fonctionner comme une technique morale superficielle visant à légitimer l'accès plutôt que comme un outil de résistance à la domination.
La philosophie professionnelle, cependant, a largement évolué dans la direction opposée. Dans la philosophie morale et juridique analytique contemporaine, les travaux sur le sexe publiés dans les revues les plus réputées traitent le consentement non seulement comme un facteur moralement pertinent parmi d'autres, mais comme le concept central de l'éthique sexuelle. La majorité de cette littérature adopte un modèle de consentement basé sur la permission. Selon ce point de vue, le consentement est une
autorisation formellement valide qui transforme un acte autrement illicite en un acte licite. Dans sa forme la plus simple, ce point de vue soutient que si une personne a des relations sexuelles avec une autre personne sans son consentement, elle porte ainsi atteinte aux droits de cette personne; à l'inverse, lorsqu'il y a consentement valide, l'acte est moralement permis.
Cette conférence montrera à la fois les atouts et les limites d’une conception qui fait du consentement la pierre de touche de la moralité et tentera d’en tirer des enseignements pour une réflexion sur la possibilité éthique de soins sans consentement.
Bibliographie
Manon Garcia - On ne naît pas soumise, on le devient (2018),
La Conversation des sexes : philosophie du consentement (2021)
Vivre avec les hommes (2025).

